Djoulia H. artiste peintre plasticienne

Djoulia a choisi de participer à un de mes ateliers autour de l’identité professionnelle. Ensemble, nous commençons à tirer les fils de son histoire : un chemin professionnel marqué par une histoire de vie singulière. L’atelier se poursuit par un accompagnement autour de cette quête identitaire qui passe à la fois par une réflexion autour de sa posture d’artiste et sa posture dans la vie. Les deux sont intimement liées, complètement imbriquées. Elle ne peut pas être l’une sans l’autre. En tout cas, elle ne veut plus être l’une sans l’autre. L’histoire de Djoulia, c’est une histoire qui nous invite à regarder bien au-delà que ce que l’on voit. Au plus profond de l’œuvre comme de la personne.

Le récit de vie au service de l’identité professionnelle

Le travail que nous menons ensemble autour de son identité l’amène à éclairer toutes les parties de son histoire et à regarder ce qui constitue son socle en tant qu’artiste d’une manière encore plus profonde. Ces deux identités ont toujours fait partie d’elle mais elle a tenté de vivre en les déconnectant. En se déconnectant aussi de ses racines familiales et de sa terre d’origine. Un choix contraint. Un exil forcé par la vie. A 18 ans, elle s’embarque pour la Métropole tentant de fuir ce qui est venu entacher son insouciance, sa joie de vivre, son bonheur à être une jeune femme martiniquaise libre et artiste dans l’âme.

Sur ce chemin d’identité, Djoulia reconnecte avec la mer de son enfance, la pêche avec son grand-père, les poissons qu’elle aimait regarder briller au soleil. Elle ancre sa créolité. Revendique sa féminité. Déploie tout ce qu’elle a ramené de son île avec elle.Après 30 ans en Métropole, Djoulia se sent toujours et encore une femme martiniquaise. « C’est là que je suis née. C’est là que j’ai grandi. Mes écailles, c’est mon lien. Mes racines. » Le chemin jusqu’à son art, jusqu’à ce jour où elle s’est autorisée à tout arrêter pour se consacrer pleinement à ce qui était en elle, a été long. Il faudra le décès de son père et une promesse qui se rappelle à elle pour qu’elle s’autorise à franchir le pas.

Une artiste à l’identité bien affirmée

La première fois que j’ai vu ses œuvres j’ai été éblouie. Eblouie par les couleurs, la profondeur, l’originalité qui s’en dégageaient. J’avais entendu Djoulia parler de ses écailles. Mais il faut les voir en vrai, les toucher, les observer de près et de loin pour se rendre compte réellement de tout ce qu’il y a dedans. Dans ses écailles, il y a toute l’histoire de Djoulia. Ses racines martiniquaises, son identité créole, son lien avec la mer et son grand-père. Son déracinement aussi.
Une histoire qu’elle a longtemps portée en elle. Qu’elle a trimbalé partout où elle allait, cherchant, où qu’elle soit, quelque chose qui la reconnectait à son île.
Ses écailles, elle les a longtemps cherchées. Elles ont fini par venir un jour à elle, par hasard. Et lui ont permis de commencer à déployer tout ce qu’elle avait envie d’exprimer. De se déployer et de s’exprimer. D’exprimer quelqu’un qu’elle avait longtemps caché. Laissée ensommeillée. Bien masquée.

Le travail mené ensemble autour de son identité couvre tout autant son identité de femme et que son identité d’artiste plasticienne. En venant à cet atelier arbre de vie de l’identité professionnelle, Djoulia s’est autorisée à faire un premier pas essentiel pour commencer à pleinement se déployer. Le chemin reste encore long mais les œuvres qu’elle expose jusqu’au 21 février 2026 à la galerie Ex-Nihilo de Grenoble nous montrent bien plus que ce que l’œil peut voir. Des œuvres pleines de :

  • L’histoire de ses racines martiniquaises, de la créolité et du déracinement
  • L’histoire de liens familiaux complexes
  • L’histoire d’une artiste et d’un chemin d’acceptation pour aller vers sa « raison d’être »

Découvrez ici les oeuvres de Djoulia H. et sa démarche artistique.