Pas toujours simple à 26 ans de choisir son orientation professionnelle. Même – ou peut-être surtout ? – quand on a toujours été « bon » à l’école. Quand les études ont été faciles. Quand on a pu faire ce que l’on voulait. Faire de belles études ouvre sans aucun doute à de beaux métiers. Le tout est de savoir lequel faire…
Lorsqu’elle vient me voir, R. est perdue. Elle sort d’une première expérience professionnelle éprouvante, qui l’a mise à mal. Elle est douce, posée. Ses propos sont clairs. Pourtant, elle n’est pas à sa place. Ses cinq années à Sciences Po lui ont plu. Intellectuellement. Mais elle ne sait pas quoi en faire. Rien ne la passionne vraiment. Certains secteurs l’attirent. Elle s’y est testée mais ça n’a pas été concluant. Elle choisit alors de s’accorder un temps de réflexion pour reprendre confiance, requestionner son orientation professionnelle et faire des choix éclairés.
Un coaching après ses études : une autre manière de repenser son orientation professionnelle
Pendant presque 6 mois, nous allons démêler les fils, en tirer quelques-uns, voir ce qu’ils veulent nous dire. Nous passons par différentes étapes, nécessaires, de pose et de dépose. De questionnements sur ce qui plait, ce qui anime, ce qui fait vibrer. Jusqu’au moment où le doute s’installe. Où l’énergie baisse et le besoin d’argent se fait sentir. C’est le début de l’année. L’effervescence des fêtes est passée. Janvier n’est jamais un mois facile. Propice aux doutes, au repli, au besoin de réconfort.
L’accompagnement est en pause. Nous sommes à un endroit délicat. R. a besoin de travailler, de se confronter à la réalité, de mettre de côté ses questionnements pour un temps. Le rythme du coaching est celui du coaché… Je respecte. Je salue cette pause tout en me questionnant sur ce qui la bloque. Ce qui vient empêcher d’avancer. Je réfléchis, je prends de la distance.
Respecter le rythme des saisons : une évidence, même en coaching
Et puis, le printemps fait un petit bout d’apparition. Un matin, le soleil et le ciel bleu sont au rendez-vous. Et la convergence de la vie fait que je lui écris. Je suis inspirée. Elle m’inspire et les oiseaux sur le cahier que j’ai choisi pour elle aussi. Elle me répond très vite, contente de ce message. Et me propose que l’on reprenne son accompagnement.
Il est temps pour moi de lui proposer autre chose. Je l’invite à se déplacer. A venir jusqu’à mon bureau sur les hauteurs de Theys. J’ai longtemps pensé que cela pouvait être un handicap ou un problème d’être perché à 900m d’altitude. Aujourd’hui je suis convaincue que c’est un atout. Que c’est là que ça doit se passer. En tout cas, en partie.
Un coaching à la montagne : quoi de mieux pour prendre de la hauteur ?
Une nouvelle fois, je l’expérimente : le lieu fait son effet… Pas besoin d’avoir 50 ans pour se rendre compte qu’ici on réfléchit autrement. R. me le confirme et le verbalise autrement : « on arrive dans un autre état d’esprit ». Par chance, le soleil est suffisamment chaud pour que l’on puisse s’installer en extérieur. Et étrangement, cela s’invite là-aussi comme une évidence : nous ferons une séance d’externalisation de ce qui lui pose problème… R. se débarrasse de son « fardeau » qui prend des noms d’oiseaux (aaaahhh les gros mots, y’a pas à dire ça libère !).
6ème et dernière séance : à sa demande, elle revient à Theys. Elle préfère. Elle a le sourire : elle n’y pense plus, il ne vient plus la terroriser. Elle « a gagné » ! Nous pouvons donc reprendre notre chemin, et avancer. Un petit miracle arrive. Ce qui était là, tapi au fond d’elle, vient enfin éclore. Elle ose en parler : ce projet, ce qu’elle cherche. Elle l’a trouvé !
Nous pouvons donc l’honorer : cette dernière séance lui permettra de l’ancrer, de le solidifier, de s’assurer que tout est là pour qu’elle puisse y aller. L’arbre de vie est le support idéal pour l’incarner : elle le baptisera « l’arbre de la force », puis « l’arbre de la confiance ». Il est bien là, droit, joliment dessiné. Et surtout, tout y est : des racines aux feuilles, il n’y a pas de doute « l’arbre de son projet » est bel et bien rempli. Il a du sens. Il fait sens. Grâce à lui, cela devient une évidence. Il ne lui reste plus qu’à se laisser aller et à s’autoriser…
Elle conclura : « Ce projet me donne de la voix ». Whaouhh pas mal pour quelqu’un qui cherchait sa voie…

