Le système scolaire, les normes sociales et les injonctions professionnelles nous invitent souvent à nous présenter de manière lisse : cela permet d’aller vite et à l’essentiel. Mais qu’est-ce qui nous enferme dans des présentations « lisses » ? Qu’est-ce qui nous empêche de nous distinguer, d’être nous au moment où l’on doit se raconter ? Une réflexion approfondie sur ses aspirations, ses valeurs et ce qui nous distingue permet de dépasser la traditionnelle présentation lisse. Cette réflexion, menée dans le cadre d’un travail sur l’identité professionnelle, permet de basculer vers une présentation incarnée et différenciante. Une présentation qui va faire en sorte que l’autre se dise « J’ai envie d’en savoir plus ». Et qui va vous permettre de vous sentir pleinement aligné.
Se raconter en surface évite de se connecter aux émotions
« Je me suis présentée comme si j’étais lisse. Mais c’est pas moi ça. Pourquoi je me raconte en étant lisse ? ».
Ce jour-là, Sophie a pris le temps de se raconter. Pourtant, lorsqu’elle se présente devant le groupe, on ne ressent rien. Aucune émotion. Le lendemain, c’est elle qui tire ce constat : sa présentation était ‘lisse’.
Jeune trentenaire issue d’une grande école de commerce, elle a un début de carrière prometteur. Elle se présente de manière très assurée. Elle semble avoir trouvé sa place professionnellement. Ce jour-là, elle est venue confronter son regard sur le travail et, au passage, mettre au travail son histoire professionnelle. Pendant 3 jours nous décortiquons nos histoires et trajectoires professionnelles. Et regardons, entre autres, comment les places et professions de nos parents et grands-parents ont pu, plus ou moins consciemment, orienter nos propres choix.
Ces 3 jours ont permis à Sophie de se confronter à d’autres regards, d’autres façons de pouvoir penser son histoire et de toucher du doigt la question de l’identité professionnelle. Et de revenir le lendemain de sa présentation avec cette question : pourquoi est-ce que je me suis présentée de manière lisse alors que je ne le suis pas ?
Se reconnecter à son histoire permet de se raconter autrement
En prenant du recul sur son histoire et l’histoire des places et professions de sa famille, Sophie a pu regarder ses propres choix, et non choix, autrement. Questionner ce qui est du ressort du projet, de la vocation, du choix désiré et ce qui relève du choix induit. Et ce qui peut relever du projet parental : ce que nos parents ont désiré pour nous. Ce qui relève aussi de notre époque et de notre milieu social. En mettant au travail son histoire, Sophie a pu aussi se confronter à la question de la place dans la famille et aux injonctions qu’elle a entendues. Au bout de ces 3 jours, Sophie est repartie pleine : pleine de réflexions, d’ouverture, d’autorisations pour questionner ses choix et la manière dont elle incarne et aborde son métier.
En mettant au travail son histoire professionnelle, elle est désormais en mesure de ne plus regarder son histoire uniquement par le chemin classique de la réussite du parcours scolaire, du diplôme acquis et de la place occupée. Ce qui donne une histoire lisse si on ne la raconte que sous ce prisme. Elle peut s’autoriser à raconter autre chose d’elle : une histoire faite de rêves, de valeurs, de ce qui est important et fait sens pour elle. Une histoire faite d’engagements éventuellement, de ce en quoi elle croit, ce qu’elle veut pour elle et pour ses enfants. Ce à quoi elle aspire. Bref, tout ce qui la fait vibrer et lui permet d’avancer et de décider en conscience du chemin qu’elle choisit de prendre.
L’identité professionnelle permet d’incarner ses valeurs et de porter un projet qui fait sens
Pour Sophie, le chemin reste à faire et sa nouvelle présentation à écrire. Mais je peux d’ores et déjà imaginer que désormais Sophie va s’attacher à ne plus se raconter de manière lisse. En se connectant à son histoire, Sophie s’est autorisée à se connecter à ses émotions. Elle s’autorise à se raconter avec beaucoup plus de pleins et de déliés.
Ce travail permettra à Sophie d’ancrer son identité professionnelle et à se poser cette question essentielle :
« Comment est-ce que je peux incarner ce que je pense, ce que je dis, ce que j’éprouve et l’inscrire dans un projet qui fait sens ? ».
Une question fondamentale pour qui veut questionner son identité professionnelle avec profondeur. Et faire des choix professionnels en accord avec ce qu’elle est, elle, profondément.

